elle a longtemps cherché…tenté de mettre ses pas dans les siens, ceux qu’elle imagine…mais la ville est trop grande pour elle, peur d’y être engloutie, happée, fondue dans cette absence…étrangement elle sent toujours l’empreinte de ses mains autour de sa taille qui descendent pour tenir fermement ses hanches et l’étreindre de sa douceur un peu brutale, presque violente parce-que souvent contenue…alors elle refait le chemin, celui qu’elle connaît et qu’ils aiment…descendre Ménilmontant, rejoindre Belleville, filer jusqu’au Canal…les branches tombées des arbres ralentissent sa marche, des volets qui claquent la font brutalement sursauter…un drap aux couleurs d’enfant abandonné sur le sol a du s’envoler d’un balcon, quelques chaises renversées aux terrasses des cafés…presque personne dans les rues…en profiter pour prendre des photos de ce Paris désert et quasi silencieux…même si le vent souffle encore, on dirait qu’il n’y a plus qu’elle…seule à entendre la musique alors que les oiseaux se planquent eux-aussi…elle et lui…ne sait plus trés bien lequel est le fantôme, ne sait plus très bien être sans lui dissociée…se sent comme étrangère à elle-même, et puis étrangère aussi dans la ville….dans l’errance elle prend une autre forme, en devient dangereuse, la retient prisonnière de son labyrinthe…la trace est trop fraîche, trop profonde…son souffle dans le souffle du vent..respire…ne pense à rien à force de penser, juste le vide qui creuse et le rythme à tenir… cadence fragile, la crainte que le sol ne se dérobe sous ses pas…trébuche sur une image…la silhouette d’un homme plutôt grand, longiligne, un chapeau sur la tête…il est de dos, déambule dans une petite rue de Lisbonne aux façades ocre jaune..il s’éloigne, la tête légèrement penchée vers l’avant…Alfama, le Bairro Alto, ou Belem, elle ne s’en souvient plus…aimerait le retenir, mais pas un son ne parvient à sortir de sa gorge nouée…un instant elle n’est plus sur le bord du canal, elle contemple le Tage du haut d’une colline…y plonger, rejoindre l’océan.francois-and-the-atlas-mountains
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Toutes ces filles qui vivent dans mon corps by Céline Renoux is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 France License.
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4 Commentaires
_ J’aime beaucoup celui ci ♥.
Il m’interpelle. Je me retrouve dans ce texte et cette photo.
Souvenirs du Brésil ou du Portugual…
oui..Lisbonne
Cet homme, quelques uns d’entre nous l’ont vu, aperçu, lu.
Il a de nombreux noms mais son "vrai" nom est personne, en portugais Pessoa…