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Reprise du texte publié sur le blog de Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ pour les vases communicants de juin.

Ma tête est une souche, mon corps une odeur vague, je brûle de parler debout, d’une voix haute et claire, d’une seule voix en fait.Avant je leur ai donné carte blanche, pour autant je ne suis pas ventriloque, j’atteins à présent les limites d’une cohabitation surpeuplée, te refile l’eau du bain et les sirènes aussi.Leur chant résonne un moment puis gargouille, se noie à présent dans les tuyaux de canalisation.Alors pour que les choses redeviennent claires, que les douleurs trop vives s’estompent, j’en appelle au concret, à l’ordre, à la raison, te renvoie à cette misérable trinité, à sa fucking banalité. Tu apprendras les mots tempérés comme la gestuelle réservée du commun des mortels, ne te baladeras plus toute nue le coeur par dessus-tête, parce-que tu vois il n’existe pas de passe-droit, pas de bakchich pour un exit.Les gens vivent, enfin c’est plus ou moins bien imité, à chacun sa technique, camouflage, combat, survie, j’ai pas le kit.Parfois il s’éternisent, heureusement un beau jour ils meurent, leurs amours aussi mais pas en simultané, jamais, je sais c’est mal fait.Donc toi aveuglément tu chercheras les surfaces tangibles, ce qui se touche avec les doigts, ne se dérobe sous les pas.Je vais lâcher ta main, ne m’enfoncerai pas plus loin avec toi, ne te regarderai plus tomber ni surtout te jeter dans la gueule du loup.Animal mort sort de ce corps, la cage est restée ouverte.Parce-que tu es pire qu’une fumerie d’opium à toi toute seule, j’ai adoré mais je n’y parviens plus, marre de ton chaos perpétuel, envie de te tordre le cou et qu’est-ce qui me retient après tout mon amour.Tes yeux longtemps se sont fixés sur moi.Le soleil comme l’azur sont à double tranchants, te donnent des idées noires, t’éclaboussent de mélancolie.Ta vie est un dragon qui souffle sur ma tête, brûle tout sur son passage alors je cherche terre au milieu des décombres, me rattrape à ses bords.Ici mais seule sans toi pas le choix, si je veux rester avec les autres, ceux qui filent droit, ne sont pas encore trop brisés par le monde civilisé.M’étendre juste un instant sur le bord de la route, tenter de reprendre le train, retrouver le moment précis où j’ai sauté sans rien préméditer, sans même savoir marcher, c’est si loin.Les autres n’y ont vu que du feu et ce n’est pas moi qui te tendrai un jour la mèche.Je veux ravaler mes sanglots, garder les yeux secs, les ouvrir sur le monde et regarder tourner les images du kaleïdoscope sans vertige, sans me perdre en fragments, sans voler en éclats.Cracher ce goût de gerbe qui remonte d’on ne sait où pour venir s’échouer si souvent sur tes lèvres.Je veux des fraises sauvages, un regard d’enfant sage, une barbe à papa, des choses qui ne s’en vont pas.Je veux m’endormir avec eux, contre lui, pour cent ans et d’un sommeil de plomb, revenir aux temps d’avant, à l’innocence, au premier flash.Just one shot my love, quitter la démesure comme le noir de la chambre.Ils m’ont badigeonné le pouce d’un truc jaune dégueulasse et c’était pas du jeu mais qu’importe l’empreinte a dessiné la bouche.Pour me déchirer un peu plus, te trouver des excuses, tu diras que la réalité a perdu son sens, nous dépasse à s’en rendre malade, que les choses ont explosé depuis longtemps, sont peut-être même déjà mortes ou décomposées, comme la mémoire collective usée de trop de larmes ne tient plus qu’à un fil.On n’en voit plus la trame, devenue trop mince, elle ne filtre plus rien.Bref que cette sorte de folie en dedans déployée t’a sans doute jusqu’ici dissociée mais aussi protégée et maintenue en vie ou juste à la lisière. Je ne pourrai pas dire non, te répondrai que je suis simplement épuisée par toutes ces choses colorées qui explosent, se déchaînent puis roulent comme des billes enflammées devant mes yeux avant de sombrer dans la jungle phosphorescente plus bas sous les paupières.Fatiguée de ton coeur bandé comme un arc et toujours si près de se rompre, de ton ivresse en bandoulière comme la respiration artificielle, saccadée, pleine de secousses foireuses, ça brûle et ça cogne le long de mes tempes, pas loin d’y poser deux doigts et bang.Bancale et boiteuse je m’efforce de quitter les lieux.A cloche-pied tu dessines une marelle puis t’élances, sautes par-dessus mon ciel mais c’est lui l’incendiaire au regard trop sombre qui te baise, y jette ses derniers feux.

One Comment

  1. Je remonte le temps
    sur tes pages
    J ‘adore !~ fort ?~ bravo !~


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