Skip navigation

N’être qu’une enfant, une fois pour toute.Rien d’autre.Sauvage et inadaptée au monde, définitivement.Se prendre pour une grande quelquefois et faire la fière…penser qu’on a franchi des étapes, imaginer qu’on progresse, que cette quête de soi nous mènera quelque part, qu’on sera récompensée forcément tôt ou tard de tous ces efforts, parce qu’on tient bon finalement, on s’aggripe, on ne lâche pas prise, on doute, on se cogne aux murs, à nos propres limites, mais on continue d’avancer, d’espèrer…malgré l’angoisse et l’obscurité.

Etre rattrapée chaque fois, immanquablement.Survivre à ça, en faire quelque chose.

Sa force est peut-être à la mesure de son hypersensibilité, de sa vulnerabilité extrême…pas sûr…mais le contraire reste aussi à prouver car jusque-là et vu de l’extérieur, elle semble intacte.Jusqu’ici c’était du jeu, se mettre de temps à autre en danger, par goût, par nature, pour ressentir dans sa chair…elle ne sait pas trés bien…mais ce ne fut pas si dangereux, passé au travers…aucune lésion irréversible apparente, y a laissé quelques plume certes, qui s’y frotte s’y pique…normal puisqu’elle a transgressé volontairement les régles, compte bien perséverer dans ce sens là d’ailleurs…une sorte d’entraînement, une préparation, se mettre en condition, pour être prête, un jour…et savoir le reconnaître s’il se présente…l’accueillir avec bienveillance, confiance et la plus grande délicatesse…Même si c’est éprouvant à la longue, toutes ces émotions imprévisibles, toutes ces couleurs, leurs variations infinies, qui vous traversent, vous transpercent, vous rendent poreuse…

A tellement peur d’elle-même…sait qu’elle est capable de détruire trés vite ce à quoi elle tient le plus…de se muer en un bloc minéral et dur, alors qu’au-dedans tout est dévasté, déserté et qu’il n’y a que fragilité, juste un édifice de verre sur le point de se briser.

Cette pulsion lorsqu’elle la sent venir et l’envahir, il est souvent trop tard, trop difficile à transformer puisque réprimer ne sert à rien, bien au contraire…ça vient de si loin, et la source n’est pas suffisamment identifiable, discernable, manque de lumière…c’est comme une marée qui monte, une vague trop grande pour elle…qui emporte, engloutit et la laisse seule, naufragée, punie, comme il se doit.

Parce-que c’est effrayant aussi ce sentiment qu’elle commence à ressentir pour lui en elle, ça prend toute la place…fusionnelle fissionelle, fictionnelle aussi dit-elle…comme si le perdre lui, signifiait sa perte à elle…amoureuse, joyeuse et pourtant menacée…demeurer vigileante.C’est peut-être ça l’amour…même si elle déteste les définitions, les mots plaqués, figés…paradoxale, ambivalente…et presque convaincue que le doute est salutaire dans une certaine mesure… la trop grande confiance lui paraît toujours plutôt suspecte..rend la vie plus facile peut-être mais quel interêt à ses yeux…alors juste une petite esquisse de l’amour…dans son abstraction totalement vivante, son opacité solaire, son mystère…capacité d’abandon… perdre enfin le contrôle, accepter le risque, et baisser la garde, avec insouciance et courage, la fleur au fusil…vivre au mieux cette cohabitation de bonheur inespéré et de perte éventuelle…savoir que notre vie est brève, voué à l’éphémère nous rend le sentiment amoureux absolument précieux, teinté de merveilleux, désormais et à jamais nécessaire…sensation d’éternité partagé l’espace d’un instant, ravissement…

Il n’y pense pas lui, à tout ça…il est dedans simplement…elle ne l’envie pas, n’a jamais souhaité emprunter un autre chemin que le sien, aussi tortueux et torturé soit-il…elle ne sait pas faire autrement, pas encore…s’obstinant à croire qu’envisager le pire la protège, qu’en apprivoisant l’idée, en la manipulant, en la retournant dans tous les sens, dans toutes ses hypothèses plus ou moins douteuses, elle conjure un peu le sort et pourrait surmonter si jamais…superstition absurde et vaine…la vie se chargeant toujours de nous surprendre, comme cette histoire la prend au dépourvu, la cueille, alors qu’elle ne se s’y attendait pas, ne cherchait rien d’autre qu’elle même, ne se sentait pas mûre, maintenant tout est balayé, aucune envie de résister, de lutter contre, ou de mettre en péril ce qui débute juste, cet élan qui les pousse l’un vers l’autre…le retrouver tout à l’heure…impatiente mais savourant cette attente délicieuse, faite de rêves, d’espoirs, d’exaltation…son corps électrique comme parcourue d’une onde lumineuse et chaude…sensation retrouvée d’exister pleinement, tous ses sens en éveil, perception aigûe du monde qui l’entoure..que tout soit possible, la vie, son parfum d’aventure…ça elle aime…

%d blogueurs aiment cette page :